Nietzsche au Paraguay – Christophe et Nathalie Prince

“Famille, je vous hais !”.

De nombreux écrivains auraient pu écrire cette phrase de Gide.

Je pense à Baudelaire qui a été aperçu dans les rues de Paris pendant l’émeute de 1848, criant “il faut tuer le général Aupick !”, son beau-père.

Je pense également à Balzac, que l’on aurait entendu dire: “Ah si vous saviez quelle femme était ma mère, un monstre et une monstruosité tout ensemble”

Je pense enfin à Nietzsche, qui détestait Bernhard Förster, le mari de sa soeur Elisabeth, fondateur de la colonie Nueva Germania au Paraguay. Il ne haïssait pas tant l’homme que ses idées : son antisémitisme, son apologie de la race aryenne, toutes choses qui mèneront l’europe à sa perte au 20e siècle.

Christophe et Nathalie Prince ont fait de l’opposition entre les deux hommes le noeud dramatique de leur livre Nietzsche au Paraguay. Ce roman d’aventure raconte la fondation en 1886 de la colonie Nueva Germania, destinée à être une société modèle de la race aryenne en Amérique du Sud. Créée par Elisabeth et son mari, cette colonie utopique va vite dégénérer : rien ne marchera comme prévu, la jungle sera trop hostile, les colons décimés par la maladie et l’incapacité à fertiliser les sols.

Enchâssées dans le récit se trouvent les lettres que Friedrich Nietzsche envoie à sa soeur, dans lesquelles il dénonce l’idéologie aryenne, qu’il oppose à sa propre philosophie. On entend sa voix en contrepoint, elle fustige son époque comme sa propre famille. Seul contre tous, la folie le guette, on perçoit dans ses lettres la montée d’une crise de démence qui lui fera perdre entièrement l’esprit jusqu’à sa mort en 1900.

J’ai adoré ce roman, sa forme est exceptionnelle, son écriture novatrice. Cette exofiction mélange et romance de nombreux documents hétérogènes : lettres, journaux d’expédition et notices commerciales. Elle met en avant la face cachée du célèbre philosophe : ce beau-frère qu’il eu malgré lui, partisan d’une utopie délirante qui présagera des massacres nazis un demi-siècle plus tard.

Un livre qui éclaire notre propre temps, alors que la France renoue avec de vieux démons de l’Histoire.

“On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille”. Ce refrain de Maxime Le Forestier, beaucoup d’écrivains célèbres auraient pu le chanter.

Je pense à Baudelaire qui a été aperçu dans les rues de Paris pendant l’émeute de 1848, criant “il faut tuer le général Aupick !”, son beau-père.

Je pense également à Balzac, que l’on aurait entendu dire: “Ah si vous saviez quelle femme était ma mère, un monstre et une monstruosité tout ensemble”

Je pense enfin à Nietzsche, qui détestait Bernhard Förster, le mari de sa soeur Elisabeth, un agitateur antisémite. Derrière l’homme, Nietzsche condamne ses idées : la haine des juifs, l’illusion d’une race aryenne, qui mèneront l’europe à sa perte au 20e siècle.

Christophe et Nathalie Prince ont fait de l’opposition entre les deux hommes le noeud dramatique de leur livre Nietzsche au Paraguay. Ce roman d’aventure raconte la fondation en 1886 de la colonie Nueva Germania, destinée à être une société modèle de la race aryenne en Amérique du Sud. Créée par Elisabeth et son mari, cette colonie utopique va vite dégénérer : rien ne marchera comme prévu, la jungle sera trop hostile, les colons décimés par la maladie et l’incapacité à fertiliser les sols.

Enchâssées dans le récit se trouvent les lettres que Friedrich Nietzsche envoie à sa soeur, dans lesquelles il dénonce l’idéologie Aryenne, qu’il oppose à sa propre philosophie. On entend sa voix en contrepoint, elle fustige son époque comme sa propre famille. Seul contre tous, la folie le guette, on perçoit dans ses lettres la montée d’une crise de démence qui lui fera perdre entièrement l’esprit jusqu’à sa mort en 1900.

J’ai adoré ce roman, sa forme est exceptionnelle, son écriture novatrice. Cette exofiction  enchâsse et romance de nombreux documents hétérogènes : lettres, journaux d’expédition et notices commerciales. Elle dénonce la face cachée de l’histoire : ce beau-frère que Nietzsche eu malgré lui, et son utopie délirante qui présagera des massacres nazis un demi-siècle plus tard.

Un livre qui résonne alors que la France renoue avec de vieux démons de l’histoire.

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