De bonnes raisons de mourir – Morgan Audic

BOUM ! Gros coup de coeur

Le 26 avril 1986, la centrale nucléaire de Tchernobyl explose, libérant d’importantes quantités d’éléments radioactifs dans l’atmosphère. Dans les jours qui suivent, 250 000 personnes seront déplacées pour ne plus jamais revenir à leurs domiciles. Cette zone d’exclusion située dans un rayon de 30 km autour de la centrale est aujourd’hui une région fantôme, figée à jamais dans ce jour où tout a basculé.

Morgan Audic a choisi cet endroit incroyable pour en faire le décor de son thriller, De Bonnes raisons de mourir. On retrouve un cadavre mutilé, pendu en haut d’un immeuble. Deux flics sont chargés d’enquêter sur le meurtre, qui les renverra 30 ans en arrière, alors qu’un double assassinat a été perpétré le soir même de l’explosion du 4e réacteur. Le roman est admirablement bien construit :  aucun temps mort, la lecture se fait en flux tendu, jusqu’au final surprenant et percutant.

J’ai été entièrement magnétisée par ce livre, qui m’a fait voyager avec un réalisme incroyable dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, 30 ans après la catastrophe. On pensait l’endroit désert, on le découvre traversé par des hordes de chiens sauvages, des cars de touristes venus faire le plein de sensations fortes, et des vieillards réinstallés dans la zone malgré l’interdiction.

J’ai adoré l’atmosphère post apocalyptique qui prend au tripes tout au long du roman:

“Ici aussi […], c’était encore l’URSS, usée, crépusculaire, pourrissante. Le long des rues les maisons effondrées se succédaient. Parfois certains jardins étaient plantés d’un panneau annonçant que le propriétaire vivait encore là, mais personne ne répondait quand on appelait, les isbas branlantes restaient silencieuses. Dans l’une d’elles, un arbre avait même poussé, crevant de ses branches tordues les fenêtres du rez de chaussée. Une sorte de naturalisation inversée, songea Rybalko : l’inanimé redevenait vivant”.

“Mais alors, tu y es allé à Tchernobyl” ? A peine assise, voici la question que j’ai posé à Morgan Audic, lors d’un dîner organisé par les éditions Albin Michel la semaine dernière. Et j’ai été stupéfaite d’apprendre que non. Morgan Audic est Breton. Il n’a jamais mis les pieds en Ukraine. Mais il a lu des dizaines de livres sur le sujet, et comme un alchimiste, il a extrait la quintessence même du lieu, les fractures de son histoire, pour en faire l’élément inouï de son roman magistral.

De bonnes raisons de mourir, c’est un cocktail explosif qui mélange intrigue parfaite et lieu fascinant. Rien à dire, ce livre, c’est de la bombe.

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