Emmanuel Carrère-D’autres vies que la mienne

DES LARMES DE CROCODILE !

Est-ce que vous aimez être si ému par un livre qu’il vous arrache des pleurs, au fond de votre lit, ou pire dans le bus, face à des passagers ébahis de voir votre visage se rougir, imperceptiblement se brouiller, et laisser place à de petites inondations impudiques ?

C’est ce qu’il m’est arrivé en lisant “D’autres vies que la mienne” de Emmanuel Carrère, publié chez POL. Après avoir adoré “Yoga”, j’ai fait demi-tour arrière, direction l’année 2009, date de la parution de ce récit puissant, qui arrache le lecteur à son métro-boulot-dodo pour le plonger ex abrupto au cœur de tragédies colossales.

Le récit commence au Sri-Lanka, où l’écrivain passe en 2004 ses vacances en compagnie de sa compagne Hélène et de leurs enfants respectifs. Ils assistent, impuissants, au Tsunami qui ravage ses côtes, et Carrère raconte la tragédie qui frappe une famille française qui loge dans le même hôtel : leur fille Juliette est morte, emportée par la vague.
Une fois rentré à Paris, un autre drame frappe l’auteur : la mort de sa belle-sœur Juliette, mère de trois enfants en bas âge et anéantie par un cancer. Etienne, l’un de ses collègues juge au tribunal de vienne, invite la famille pour leur raconter les liens qu’il partage avec la défunte, le combat qu’ils menaient ensemble contre les établissements de crédit.

Impossible en lisant ce livre de n’être pas bousculé à chaque page par l’écriture d’Emmanuel Carrère qui raconte, comme s’il était armé d’un téléobjectif puissant braqué sur le vide, les états-limites de l’existence, cette zone grise qui se situe entre la vie et la mort, entre la joie d’exister et l’angoisse la plus terrible :

“Il y a, dit-il, deux espèces d’hommes : ceux qui font souvent le rêve de tomber dans le vide et puis les autres. Les seconds ont été portés, et bien portés, ils vivent sur la terre ferme, s’y meuvent avec confiance. Les premiers au contraire souffriront toute leur vie de vertige et d’angoisse, du sentiment de ne pas exister réellement”

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