STEFAN ZWEIG À PARIS

J’ai trouvé une très belle anecdote sur Paris dans “Le Monde d’Hier” de Zweig, livre que j’ai chroniqué cette semaine.

En lisant cet extrait, j’ai eu l’impression de saisir ce qu’était la ville à l’orée du 20e siècle, et elle m’a paru plus vivante si j’avais consulté des photographies d’époque à la chaîne.

Je vous laisse juger par vous-même :

“A l’époque où je fis sa connaissance, la ville ne s’était pas encore complètement unifiée comme elle l’est aujourd’hui grâce au métro et à l’automobile; c’était encore de majestueux omnibus tirés par de lourds chevaux fumants qui dominaient la circulation. Il est vrai qu’on ne pouvait guère découvrir Paris plus commodément que du haut de “l’impériale”, le premier étage de ces larges carrosses, ou des fiacres découverts, qui n’allaient pas non plus à une allure trop fébrile. Mais à l’époque, le trajet Montmartre à Montparnasse représentait malgré tout un petit voyage, et vu la frugalité des petits bourgeois parisiens, je jugeais tout à fait digne de foi la légende voulant qu’il existât encore des Parisiens de la rive droite qui n’étaient jamais allés sur la rive gauche, des enfants qui jouaient uniquement au jardin du Luxembourg et qui n’avaient jamais vu le jardin des Tuileries ou le parc Monceau. Le vrai bourgeois ou le vrai concierge restait volontier “chez soi”, dans son quartier; il s’aménageait son petit Paris à l’intérieur du grand Paris et c’est pourquoi chacun de ces arrondissements avait encore son caractère nettement distinct et même provincial.”

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