Par Mélanie

L’Âme du violon – Marie Charvet

[ Édition spéciale Régime de l’été ]

Vous pensez déjà à vous mettre au régime pour parfaire votre beach body ?

Sachez que les êtres humains ne sont pas les seuls à pouvoir se mettre au régime : les livres aussi.

L’ âme du violon me fait penser à un livre en surpoids qui aurait subi une cure d’amaigrissement intense. Marie Charvet a saisi dans son livre plusieurs siècles d’histoire, du 17e siècle à nos jours, qu’elle a réduit à leur essence même, délestés de toute lourdeur et de graisse disgracieuse.

C’est mal de juger un livre sur son physique mais ce roman est une pure merveille : on suit comme autant de muscles prêts à bondir les vies de quatre personnages que tout oppose : un vieux luthier italien du 17e siècle, un tsigane français des années 1930, une jeune artiste peintre qui rêve d’exposer de nos jours, et un PDG fortuné vivant à New York. Autant de destins différents mais reliés par un même objet : le violon.

Avec L’ âme du violon, on traverse les époques au pas de course, tout à fait hypnotisés par une narration agile et véloce qui vous emmène loin, très loin, sans qu’une ombre de sueur perle à votre front.

Chère Marie Charvet, ce premier roman a un physique si enchanteur que je vous crois une carrière prometteuse dans le business de la beauté littéraire.

On n’efface pas les souvenirs – Sophie Renouard

Est-ce qu’il y a des fans de Desperate Housewives ?

Entre 2005 et 2012, j’ai regardé systématiquement les 180 épisodes de la série répartis en 8 saisons. Dès le générique, mon taux de dopamine montait en flèche, j’étais accro et regardais plusieurs épisodes d’affilée sans sourciller.

Et voilà qu’en lisant On n’efface pas les souvenirs, le premier roman de Sophie Renouard, j’ai retrouvé ce petit goût sucré et pétillant que j’adorais dans cette série.

Dans ce roman publié aux Éditions Albin Michel, Annabelle est une jeune femme comblée : elle mène une vie paisible dans le très chic 16e arrondissement de Paris, entre un mari fou amoureux d’elle et deux filles ravissantes. Le roman s’ouvre sur une scène simple de la vie bourgeoise parisienne : le baptême de la petite dernière dans l’église Victor Hugo. Mais la vie parfaite d’Annabelle va basculer le jour même : elle va être kidnappée et laissée pour morte dans des bois reculés. Qui a commandité son meurtre? Annabelle va t’elle se reconstruire malgré les séquelles ?

En lisant ce livre, j’ai eu l’impression d’être transplantée dans Wisteria lane, cette allée impeccable qui abrite les maisons de familles privilégiées. Comme dans Desperate Housewives, l’image parfaite se fissure dès les premières scènes : les mères bienveillantes cohabitent avec des femmes maladivement jalouses, et des secrets de famille terribles percent derrière le sourire Colgate. Les personnages pensaient couler des jours heureux, ils se retrouvent pris dans une histoire de meurtre : la vie de rêve sombre dans le cauchemar le plus atroce.

Une fois commencé, impossible de lâcher ce livre : à chaque chapitre, un nouveau rebondissement vous tient en haleine, on écarquille les yeux, on frissonne, on s’attendrit. On s’attache aux personnages qui sont plus vrais que nature, et quand arrive la fin du livre, on s’étonne, penaud : “mais… c’est déjà la fin de la série ?”